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Sommaire
  1. 1. Réagir dès le premier impayé
  2. 2. Faire appel au garant ou à l’assurance loyers impayés
  3. La caution personnelle
  4. La garantie Visale
  5. L’assurance loyers impayés
  6. 3. La conciliation peut être obligatoire
  7. 4. Le commandement de payer : une étape essentielle
  8. 5. Saisir le juge pour demander la résiliation du bail
  9. 6. Peut-on expulser immédiatement le locataire ?
  10. 7. La trêve hivernale : quelles conséquences ?
  11. 8. Comment limiter le risque de loyers impayés ?
  12. Conclusion

Loyers impayés : comment récupérer son argent et engager une procédure en 2026 ?

Mis à jour le 5 novembre 2026

Que faire lorsqu’un locataire ne paie plus son loyer ?

Un impayé de loyer peut rapidement devenir un problème financier important pour un propriétaire bailleur.

Entre les échéances de crédit, les charges de copropriété, les assurances et les taxes, un appartement qui ne génère plus de revenus peut mettre en difficulté la rentabilité d’un investissement immobilier.

La réaction du propriétaire doit cependant respecter une procédure précise.

En France, il est impossible d’expulser soi-même un locataire ou de changer les serrures pour récupérer son logement.

Voici les étapes à suivre pour tenter de récupérer les sommes dues et, si nécessaire, engager une procédure judiciaire.

1. Réagir dès le premier impayé

La première étape consiste à vérifier que le retard n’est pas simplement lié à une erreur bancaire ou administrative.

Le propriétaire peut contacter le locataire pour lui rappeler l’échéance et demander une régularisation rapide.

En l’absence de réponse ou de paiement, il est conseillé d’adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception.

Ce courrier doit préciser :

  • Le montant des loyers et charges impayés.
  • Les périodes concernées.
  • Les sommes déjà réglées.
  • Le montant total restant dû.
  • Le délai demandé pour régulariser la situation.

Il faut conserver tous les échanges et justificatifs de paiement.

Cette documentation sera indispensable si le litige évolue vers une procédure judiciaire.

2. Faire appel au garant ou à l’assurance loyers impayés

Le propriétaire peut solliciter les garanties prévues lors de la signature du bail.

Il peut notamment contacter :

La caution personnelle

Si une personne s’est portée caution du locataire, le propriétaire peut lui réclamer les sommes dues dans les conditions prévues par l’acte de cautionnement.

La garantie Visale

Le propriétaire peut déclarer l’impayé à Action Logement lorsque le logement et le locataire entrent dans les conditions du dispositif.

Les délais de déclaration doivent être respectés.

L’assurance loyers impayés

Une garantie des loyers impayés peut prendre en charge les loyers non réglés et certaines dépenses liées au contentieux, selon les conditions du contrat.

Il faut respecter scrupuleusement les délais de déclaration et les formalités demandées par l’assureur.

Une déclaration tardive peut compromettre l’indemnisation.

3. La conciliation peut être obligatoire

Lorsque la dette locative est inférieure ou égale à 5 000 €, une démarche préalable de conciliation ou de médiation est obligatoire avant de demander au juge la résiliation du bail pour impayé.

Le propriétaire peut notamment faire appel à un conciliateur de justice.

Cette démarche est gratuite lorsqu’elle est réalisée auprès d’un conciliateur de justice.

Elle peut permettre de trouver un accord écrit sur un échéancier de remboursement sans engager immédiatement un contentieux judiciaire.

Pour une dette supérieure à 5 000 €, cette obligation préalable ne s’applique pas dans les mêmes conditions.

4. Le commandement de payer : une étape essentielle

Si le bail contient une clause résolutoire, le propriétaire peut faire délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice.

Les baux d’habitation signés depuis le 29 juillet 2023 comportent obligatoirement une clause résolutoire.

Le commandement doit notamment indiquer :

  • Le montant du loyer et des charges.
  • Le décompte précis de la dette.
  • Le délai légal de paiement.
  • Les conséquences possibles de l’absence de régularisation.
  • Les informations relatives au fonds de solidarité pour le logement.

Le délai accordé au locataire est de six semaines.

Si la totalité de la dette est réglée dans ce délai, le locataire peut rester dans le logement.

Si elle ne l’est pas et qu’aucun accord d’étalement n’a été trouvé, le propriétaire peut engager la procédure judiciaire.

5. Saisir le juge pour demander la résiliation du bail

Après l’expiration du délai applicable, le propriétaire peut saisir le juge des contentieux de la protection.

Il peut demander :

  • Le paiement des loyers et charges dus.
  • Le remboursement des frais de justice.
  • La constatation de la résiliation du bail.
  • L’expulsion du locataire.
  • Le versement d’une indemnité d’occupation lorsque le bail est résilié.

Le juge examine la situation et peut notamment accorder un échéancier de remboursement lorsque les conditions sont réunies.

Le propriétaire doit donc préparer un dossier complet avec le bail, les décomptes, les courriers, les preuves de paiement et les actes de procédure.

6. Peut-on expulser immédiatement le locataire ?

Non.

Même après une décision judiciaire ordonnant l’expulsion, une procédure spécifique doit être respectée.

Le commissaire de justice signifie la décision au locataire et délivre un commandement de quitter les lieux.

Le délai habituellement laissé au locataire est de deux mois, sous réserve des décisions du juge et des règles applicables.

L’expulsion matérielle ne peut être réalisée que par un commissaire de justice.

Le propriétaire ne peut pas :

  • Changer les serrures.
  • Couper volontairement l’eau ou l’électricité pour contraindre le locataire à partir.
  • Entrer dans le logement sans autorisation.
  • Déplacer les meubles du locataire.
  • Organiser lui-même l’expulsion.

Une expulsion réalisée par le propriétaire en dehors du cadre légal peut entraîner de lourdes sanctions pénales.

7. La trêve hivernale : quelles conséquences ?

La trêve hivernale s’applique du 1er novembre au 31 mars inclus.

Pendant cette période, l’expulsion des occupants sans solution de relogement est en principe suspendue.

Attention : cela n’interdit pas de poursuivre les démarches judiciaires.

Le propriétaire peut continuer à faire constater la dette, saisir le juge et préparer la procédure.

La trêve hivernale concerne principalement l’exécution matérielle de l’expulsion, sous réserve des exceptions légales.

8. Comment limiter le risque de loyers impayés ?

La prévention reste la meilleure protection d’un propriétaire.

Avant de signer un bail, plusieurs vérifications sont pertinentes :

  • Vérifier la cohérence des justificatifs de revenus.
  • Demander les documents autorisés permettant d’apprécier la solvabilité.
  • Vérifier la stabilité professionnelle lorsque cela est pertinent.
  • Contrôler les références locatives dans le respect de la réglementation.
  • Prévoir une caution lorsque cela est possible.
  • Étudier une assurance loyers impayés.
  • Vérifier la compatibilité entre assurance et cautionnement.

Il faut également rappeler que le propriétaire ne peut pas cumuler librement une assurance contre les impayés et une caution personnelle, sauf exceptions prévues par la loi.

Conclusion

Face à un loyer impayé, la rapidité et la qualité des démarches sont déterminantes.

Le propriétaire doit documenter la dette, activer les garanties disponibles et respecter les délais légaux.

La résiliation du bail et l’expulsion ne peuvent intervenir que dans un cadre judiciaire et par l’intervention des professionnels habilités.

Une assurance adaptée et une sélection rigoureuse du dossier locataire restent les meilleurs moyens de réduire le risque financier.

Sources officielles :

  • Service Public — Loyers impayés et expulsion du locataire
  • Service Public — Paiement du loyer

Réglementation vérifiée au 5 novembre 2026. Une procédure d’impayé dépend notamment du contenu du bail, des garanties souscrites et de la situation du locataire.

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